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Colloque « Les métiers scientifiques ont-ils un sexe ? »

Minatec, Grenoble, 29 novembre 2011


Le colloque « Les métiers scientifiques ont-ils un sexe » a été organisé à Grenoble le 29 novembre 2011 par les partenaires du Campus d’Innovation GIANT et l’APMST (Association pour la Parité dans les Métiers Scientifiques et Techniques, adhérente de Femmes & Sciences). GIANT regroupe les laboratoires du CEA, du CNRS, les grands instruments européens ESRF et Institut Laue Langevin (ILL), Grenoble Ecole de Management GEM), l’Institut Polytechnique de Grenoble (Ecole Phelma) et une partie de l’Université Joseph Fourier (UJF - une fraction des enseignants-chercheurs de physique, chimie, biologie et des doctorants). Ce colloque a rassemblé environ 200 participants (scientifiques et enseignants-chercheurs du campus GIANT, enseignants du secondaire, représentants du rectorat et de l’ONISEP de l’académie de Grenoble, responsables de l’égalité hommes-femmes dans les universités et les entreprises, représentants d’associations, URIS, AFFDU, Observatoire de la parité, CIDDF, Soroptimist...etc...).


L’accueil du colloque a été fait par l’un des responsables du Campus GIANT, l’adjoint au Directeur du CEA-Grenoble, Didier Bordet, et l’ouverture par une Députée de l’Isère, Geneviève Fioraso, qui a notamment souligné la nécessité (temporaire) de quotas en faveur des femmes dans les différents domaines politiques, économiques etc...Le présentateur des intervenants était un journaliste (Pierre Ostian) qui a aussi animé la table ronde. Des intermèdes théâtraux (deux acteurs de la Sté « Petits Bâtons Production ») ont été vivement appréciés. L’exposé phare du colloque était celui de Claudie Haigneré, Présidente d’Universcience, qui a insisté sur le rôle des stéréotypes de sexe, de l’autocensure des filles et de l’organisation du travail défavorable à la conciliation de la vie professionnelle et familiale. Mathilde Dubesset, historienne à l’Institut de Sciences Politiques de Grenoble, a développé dans son exposé, « Femmes et sciences, quelle histoire ? », le rôle des femmes de sciences depuis un lointain passé, rôle occulté dans la plupart des manuels (voir aussi « La place des femmes dans l’histoire, une histoire mixte », coordination Geneviève Dermenjian et al, ed. Belin, 2010).


La suite du colloque concernait le compte-rendu d’une enquête menée fin 2010 dans le campus GIANT sur la situation professionnelle hommes-femmes. Les résultats de cette enquête ont été commentés par une psycho-sociologue de l’Université Lyon 2, Christine Morin-Messabel. Cette enquête concernait environ 5500 personnes, avec par exemple 69% de femmes parmi les personnels administratifs, environ 20% en informatique et physique, 38% en chimie et 52% en sciences du vivant. On trouve 28% de femmes parmi les chargés de recherche et équivalents et 16% parmi les directeurs de recherche et équivalents. Les équipes dirigeantes des différents instituts ne comprennent que 15% de femmes en moyenne. Parmi les étudiants de ce campus, on trouve 23% de femmes en physique, 28% en chimie et environ 50% en sciences du vivant, des chiffres comparables à ceux des personnels. Ces résultats sont semblables aux moyennes nationales. La conférencière a mis l’accent sur quelques mécanismes responsables de la situation actuelle, importance des stéréotypes de sexe pour l’orientation scolaire et mauvaise articulation entre vie professionnelle et vie familiale.


La dernière partie du colloque était une table ronde, « Ne me dites pas que je fais un métier d’homme », qui rassemblait cinq scientifiques ayant des postes à responsabilité, quatre femmes et un homme, un couple responsable d’une start-up de biotechnologies qu’ils avaient fondée, une directrice des partenariats stratégiques à Air Liquide, une professeure d’informatique à Grenoble INP et une « senior scientist » à l’ILL. Chacun-e a exposé son parcours, quelques participants ont critiqué le choix de femmes ayant une carrière (trop) brillante !


Enfin la clôture du colloque a été faite par Eva Pébay-Peyroula, biophysicienne, professeure à l’UJF, diretrice de l’IBS, membre de l’Institut et Présidente de l’ANR. Elle a notamment cité la démarche de l’UJF afin de former les femmes à conduire leur carrière efficacement et quelques mesures concrètes qui contribueraient à l’égalité hommes-femmes.


29 novembre 2011

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